OUPEINPO

Publié le par Zekleyre La Lumière

OuPeinPo : OUvroir de PEINture POtentielle. Fondé en 1981.

Avec Thierri Foulc, Jacques Carelman, Jean Dewasne (+), Tristan Bastit, Jacques Vanarsky, Guillaume Pô
 
 
Site de Tristan Bastit
 
L’OuPeinPo se met  dans la position des inventeurs anonymes qui léguèrent aux siècles la forme sonnet et la forme-sonate sans préjuger de ce qu’en pourraient tirer Shakespeare ou Raymond Queneau, Beethoven ou John Cage, outre les millions d’amateurs qui désobligent les Muses. Pour rester dans le domaine des arts plastiques, il se met dans la position du non moins anonyme inventeur du polyptyque à programme qui, sans le savoir, fournit un même dispositif â un Jan Van Eyck et à un Francis Bacon. À cela près que l’OuPeinPo a été fondé délibérément en vue de telles fournitures et qu’il ne se propose pas d’offrir une forme aux utilisateurs potentiels, mais des milliers (pour commencer), et plus complexes, plus contraignantes, plus fécondes que le polyptyque si pauvrement exploité jusqu’à présent.

C’est ainsi que des opérations (au sens mathématique, stratégique ou même chirurgical) menées sur tous les composants de l’œuvre d’art ont donné naissance à

(I) divers TRAITEMENTS PAR CODES ET MATRICES tels que la Musique en plages colorées, la Cassification et la Décassification, l’Antithétie (qui transforme l’Annonciation de Léonard de Vinci en une Dénonciation dans le style de Jérôme Bosch) et autres ISOMORPHISMES tels que la Transposition tactile, la Matérialisation des regards, le Message caché, la Transposition de cohérence ;

(II) des applications de la ROTATION et de sa fille la SYMÉTRIE, comme le Tableau rotatif regardable des quatre côtés, le Palindrome plastique, la Peinture à symétrie variable, les Anamorphoses ;

(III) des RÈGLES D’ASSEMBLAGE ET DE TRANSFORMATION faisant intervenir l’Intersection au sens mathématique (Vénus de Samothrace, Enterrement du comte d’Ornans), la Réunion, l’Inclusion (Giacometti- en-Maillol), la Superposition (Multichrists), la Chronologie (collage chronologique) ou la Lamellisection permutative ;

(IV) une grande variété de CONTRAINTES PAR BORDS où culminent la Peinture par la tranche, le Scytalisme, la Picturogenèse bitangentielle, le Polyptykon et le Manège à substitution, les Hyperdominos, le Morpholo, la Complémentation du cube. la Peinture taquinoïde ;

(V) des OEUVRES COMBINATOIRES dont plusieurs sont déjà mentionnées parmi les contraintes par bords mais qui peuvent s’étendre à bien d’autres domaines, aux surfaces, par exemple, avec la célèbre Vache au Pré noir de Louis Barnier, oupeinpienne par anticipation (combinatoire d’encrages et de formes imprimantes) ;

(VI) des œuvres à COULEUR MESURÉE, ou à valeur, à longueur de trait, à volume mesuré

(VIII) tout ça pour ne rien dire de la Peinture à l’aveugle, de la Peinture par téléphone, du Déculottage, de la Peinture sur gaz, de la Réponse au manuscrit d’Antin, des Trous architecturaux ou des Cent Fleurs de l’OuPeinPo, système tabulaire et logogenétique pour la création d’écoles artistiques.

Car c’est l’occasion de l’affirmer : l’OuPeinPo n’est pas un mouvement artistique. En revanche, il lui revient d’appliquer la potentialité aussi aux écoles, mouvements, groupes, sociétés, tendances, théories, manifestes, académies, avant-gardes, etc, et de proposer des techniques pour en finir avec les éclosions incontrôlées de nouveaux mouvements (ou avec leur marketing trop contrôlé) et créer à volonté tous les -ismes imaginables et inimaginables(3).

(3)Ce texte a été publié pour la première fois dans les Monitoires du Cymbalum Pataphysicum, 1991, n° 21, pp. 5-9.
 
    
 

Publié dans Ouvroir du mois

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